Adolescente, je vais chez la gynécologue pour un check-up. Elle me pèse. Mon IMC est “normal” et je n’ai pas de problème de santé particulier. La médecin me regarde froidement et me répond qu’elle souhaite que je perde du poids. Je suis repartie pour des années de combat contre mon corps.

Plusieurs points sont à noter ici :

  • Tout d’abord, l’IMC n’est pas un indicateur de santé et cela est un fait largement accepté au sein de la communauté scientifique. Créé au 19ème siècle par un mathématicien et astronome belge, Adolphe Quételet, il s’agit d’un outil statistique raciste et sexiste, inadapté aux recommendations individualisées (Strings 2020; Gordon 2023).
  • Ici, la médecin a ignoré l’IMC. Malheureusement, pas pour les bonnes raisons. Elle a jugé visuellement que la patiente était en surpoids et a conseillé un régime, ignorant de fait le statut de santé de la patiente. On voit à travers cet exemple que bien souvent, la santé n’est finalement pas au coeur de la consultation.
  • Il est également important de noter que rares sont les médecins qui prennent en compte la possibilité que leur patient.e puisse avoir un trouble du comportement alimentaire ou un trouble de dysmorphie corporelle. La pesée ne devrait pas être automatique et surtout, devrait se faire avec l’accord de la patiente.
  • La témoignante a été négativement touchée par le commentaire grossophobe de la médecin, ce qui a pu avoir, pour le coup, un réel impact négatif sur sa santé. Ceci est malheureusement rarement pris en compte par les professionnels de santé.